lundi 29 janvier 2007

Premier épilogue

Pour croire encore au bonheur, on se persuade que l’on regrette ses quinze ans. Pour croire qu’on est pas une pute en puissance, on se souvient avec amertume du premier garçon qui nous a fait pleurer, on se remémore les éclats de rires calculés du à sa présence, alors qu’en fait on rêve de le croiser demain dans la rue et qu’il nous invite à prendre un café, qu’il vous prenne dans les chiottes avant de vous tendre une bague, à genoux et plein de sueur. Cet homme là n’a d’interêt que parce qu’il vous baise mal, la preuve, vous ne l’imaginez jamais marié avec sa cravate bien serrée dans le métro. Il a toujours le même tee shirt. C’est un fantasme en micropixel qui n’évolue pas. Dans vos songes vous lui refusez la bague, parce que ça vous dégoute de le voir là, assis, transpirant, on croirait presque qu’il est amoureux. Vous la refusez en regrettant déjà, il revient quelques mois plus tard, grande cour, il vous invente des diners sur des rochers, et à coups de grandes virées en hélicoptère à Venise enfin vous êtes à lui, trois jours après il vous trompe déjà tous les soirs mais vous restez, ça exulte déjà, boom boom, et vous vous arrachez le cœur de douleur. Et de bonheur.
On gâche ses histoires d’amours comme on gâche tout le reste, à vouloir trop bien faire. On prend tout comme une chance, alors que la vraie chance c’est la liberté et qu’on se fout des batons dans les roues à force d’essayer de courir après.

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