jeudi 16 octobre 2008

You make your mother so proud

Le mois de novembre sent la lumière orange et les escarpins vernis.

Ca sent la mort et la fin des temps. J'ai l'âme coupée en quatre qui rampe sur les trottoirs.

Il y a de l'or sur un balcon. La clarté alerte du soir vient se poser discrètement, presque en chuchotant sur les triangles de pierres glacés par les pas des hommes du jour, il y a des lampadaires noirs à la force tranquille qui enferment le feu dans leur cage de verre, et une fontaine d'où l'eau s'échappe dans l'air du soir avant de retomber en plumes dans un bassin, et quelques
jeunes filles aux talons fins courent encore sur les pavés, puis dans un dernier claquement s'engouffrent dans une ruelle et se rendorment.
Autour de la place des arbres frêles, leur tronc mince de sylphide répond dans une étreinte laconique à l'appel des étoiles qui les surplombent. Autour de la place des immeubles imposants rasent le sol et brûlent des flammes de la lune. Il n'y a plus de colombes, les voix derrière moi crépitent dans les odeurs de musc. La nuit tombe doucement, bientôt le vide se met à flotter partout comme un sortilège mystique, c'est le vide d'une transe capricieuse qui fait danser le vent.
La place dévoile ses lumières blanches qui mêlées aux lucioles viennent danser dans les arbres encore un peu verts, et d'ici ce spectacle intemporel de la ville endormie qui se réveille me prend des hanches jusque la taille, mais ce sont déjà ses mains.


Je baise la nuit parce que le jour je suis défoncée.

La dernière fois dans un train, j'écoutais Le Premier Jour et je suis sortie de mon corps. Je me suis tranformée en une sorte de géant titanesque à carapace et j'étais immense, immense et incommensurable, effrayante et sublime et d'une grandeur presque inconcevable, tellement immense que mon immensité ralentissait mes mouvements à l'infini, et je pouvais sentir ma carapace se craqueler doucement et fendre les nuages, imploser, s'ouvrir, s'élever, transcender et le temps et la vie humaine, et alors j'étais de nouveau assise dans le train.
J'avais revécu ailleurs.

Logan,
There is something I need to know before you leave.
Kind of Við spilum endalaust feeling
We need to meet again.