
Quelque part dans l'hiver il y a toujours ce moment où je reviens vers toi, et par quelque détour que je prenne en cet instant je sais qu'à tout jamais je le prendrais, et que rien, ni les étés passés loin de toi, ni ceux où j'ai peur de ne plus t'aimer car nous nous connaissons bien trop et que les gens que l'on fréquente un jour sont ceux que l'on délaisse aussitôt, ni ça, ni la fièvre de la jeunesse, ni la froideur des futures années, oh non rien, jamais rien, rien que toi et moi et l'éternité de l'amour dans nos promesses de n'être que l'un à l'autre et à l'immensité de nos ébats.
Amour de porcelaine, fragile et précieux, amour d'érain, solide et tenace.
Amour des jeunes années, amour de la pierre sur laquelle j'écris mon prénom, amour du sable sur lequel j'écris le tien. Amour immuable, amour sans cesse retrouvé et joie de cet amour aisé.
Amours aisés qui sont ceux que l'on ne perd jamais, avoir peur et pleurer puis courir vers toi, bonheur suprême d'être à tes cotés, délivrance immédiate grâce au temps qu'il nous reste.
Il y a des vies qui ne valent la peine que par l'union hasardeuse de celle qui vit et de celle qui là fait vivre, telle était nos pas, bien gardés.
Les amis de toute une vie, liés à jamais par celle qui les relit, liés à jamais par ton ciel sous lequel nous nous ébattons, criant, sautillant, grapillait des instants d'une vie qui n'a de sens que parce qu'elle est sous ton ciel.
Ciel protecteur, ciel lourd de nos amours à tous qui se ressemblent tant nous y foulons tes pavés à la mesure de nos amours, nos amours d'un été, nos amours d'une vie et ils portent tous ton nom. La vie éternelle, ici, nulle part ailleurs.
Délices de te retrouver, triomphante de tous les hivers depuis le début des siècles, délice de te retrouver toujours grandie, majestueuse, déjà enivrée du parfum des vague des temps à venir.
Toi et moi nous nous y retrouverons tous les étés de toute la vie, ce toi informe qui épousera toutes les formes de la passion, toi blond, toi brun, toi et moi et elle et lui auquels nous ressemblons de toute façon un peu. A travers nos amours toujours le sien vainqueur, je ne t'aimerais que sous son souffle et je reviendrais tous les jours te dire que je t'aime et que je suis née le jour où je suis arrivée, et que je ne mourrais ni sous les bombes ni sous le sable, que l'océan viendra nous rechercher et que nous y vivrons jusqu'à la mort.
O l'amour, l'amour jusque mes ennemis, ennemis masqués qui ressemblent à des amis. Les ennemis de là bas, des combattants du même sang, amis d'ici, des étrangers.
Je te dédie ces mots et les suivants.
